La 24e édition de L’Boulevard s’est achevée dimanche 20 septembre au stade du R.U.C. à Casablanca, au terme de quatre journées consacrées aux musiques actuelles. Rap, hip-hop, fusion, rock, metal, électro et dub se sont succédé sur scène, avec une programmation réunissant artistes marocains et formations internationales, tandis que le traditionnel Tremplin du festival mettait en compétition quinze projets émergents venus de plusieurs villes du Royaume.
Organisé du 17 au 20 septembre, le festival a conservé la formule qui fait sa particularité, à savoir une programmation gratuite articulant artistes confirmés et nouvelle scène marocaine. Plus d’une trentaine de formations étaient annoncées pour cette édition, parallèlement aux activités du Souk, aux performances de danse de Liquid Bridge et aux interventions de la troupe de cirque Colokolo.
Le rap marocain ouvre le bal
La première soirée, jeudi 17 septembre, était consacrée au rap et au hip-hop. Après les prestations des candidats du Tremplin, la scène du R.U.C. a accueilli Bo9al, le Français DJ Fly, Figoshin puis Dizzy Dros.
Ce dernier retrouvait L’Boulevard sept ans après son précédent passage. Accompagné cette fois d’un live band, le rappeur casablancais a notamment puisé dans son dernier album, Aflam, pour clôturer une soirée entièrement tournée vers les différentes générations et expressions du rap marocain.

Le Tremplin Rap/Hip-Hop réunissait sept candidats : Funk Clan, BrownY Original, Koga, Yuzy, Shinohidden, Dgueulasse Gold ainsi que Strong & Qweta. Le jury a attribué le premier prix à Shinohidden, originaire de Berkane, et le deuxième à BrownY Original, de Casablanca.
Fusion et musiques actuelles pour la deuxième soirée
Vendredi, changement de registre avec une soirée dédiée à la fusion et aux autres musiques actuelles. Quatre formations à savoir Arinass, Oxor, Ighouliden Band et Metrotune ont d’abord défendu leurs compositions dans le cadre du Tremplin.
La programmation s’est ensuite poursuivie avec Rhita Nattah, représentante d’une scène afro-soul alternative, puis Bab L’Bluz, dont l’univers associe rock psychédélique, transe et héritages musicaux marocains. Issam Kamal & Mazagan ont clôturé la soirée, renouant avec l’histoire de la fusion marocaine et celle de L’Boulevard.
Dans cette catégorie, le premier prix du Tremplin est revenu à Metrotune, formation Casablanca-Settat créée en mars 2026 et mêlant notamment salsa, rock, gnaoua et chaâbi. Arinass, originaire de Fès avec une proposition faisant dialoguer rythmes gnaoua, aïta et chaâbi avec reggae, rock et musiques du monde, a remporté le deuxième prix.
Sepultura pour les adieux africains
Le samedi 19 septembre constituait le rendez-vous rock et metal de cette édition. Après le passage des quatre candidats du Tremplin notamment Anora, Darih, 2min Away et Lixivia, la scène a successivement accueilli Mycose of You, le groupe casablancais de melodic death metal Suicide Machine, puis la formation française de black metal Sotherion.
La tête d’affiche de la soirée était Sepultura. Le groupe brésilien, figure historique du thrash metal, faisait son retour au L’Boulevard seize ans après son passage de 2010. Le concert casablancais revêtait cette fois une dimension particulière. Inscrit dans la tournée d’adieu du groupe après plus de quatre décennies de carrière, il constituait, selon son guitariste Andreas Kisser, le dernier concert africain de Sepultura.

Côté Tremplin, Lixivia, groupe de Salé formé en 2024 et évoluant dans un crossover thrash mêlant metal et hardcore punk, a décroché le premier prix. Le deuxième est revenu à Darih, formation casablancaise de black/death metal dont l’univers puise notamment dans l’histoire et le folklore nord-africains.
Une clôture ouverte sur les musiques du monde
Après trois journées structurées autour des catégories du Tremplin, le dimanche 20 septembre a changé une nouvelle fois de couleur musicale.
La journée a débuté avec la fanfare Remork & Karkaba feat. Bnat Bambara, autour d’une rencontre entre cuivres et rythmes gnawa. Sur la grande scène, Omar EK a ouvert la programmation avec son électro nord-africaine, avant de céder la place à Aziz Konkrite et son approche qu’il qualifie de « Moroccan Broken Electronic », construite notamment à partir de fragments du patrimoine musical marocain.
Le voyage s’est poursuivi avec Kin’Gongolo Kiniata, venu de République démocratique du Congo et dont l’univers associe rythmes congolais, électro et instruments fabriqués à partir de matériaux récupérés. La formation franco-syrienne Sarāb a ensuite mêlé rock, jazz et maqâmât arabes, avant que Zentone, projet réunissant les groupes français High Tone et Zenzile, ne referme cette 24e édition sur les sonorités dub.
La soirée du dimanche a également accueilli la remise des prix du Tremplin, réunissant les six projets distingués au cours des trois journées précédentes.
Six lauréats et un accompagnement au-delà de la scène
Au total, quinze artistes et groupes ont participé au Tremplin 2026. En Rap/Hip-Hop, Shinohidden remporte le premier prix devant BrownY Original. En Fusion/Autres musiques actuelles, Metrotune devance Arinass tandis qu’en Rock/Metal, Lixivia obtient le premier prix devant Darih.
Le dispositif du Tremplin se prolonge au-delà de la compétition. En plus des prix en numéraires, les six projets lauréats bénéficient d’une semaine de formation au Boultek consacrée notamment au travail scénique et vocal, à l’enregistrement, aux droits d’auteur, à la communication et à la distribution numérique, ainsi qu’au développement de carrière. Chacun pourra également enregistrer un morceau au Studio Hiba, partenaire du festival.
Créé en 1999, le Tremplin demeure ainsi l’un des piliers de L’Boulevard. Plus de 765 groupes et artistes marocains sont passés par cette scène depuis sa création. Pour sa 24e édition, le festival a une nouvelle fois associé cette fonction de découverte à une programmation faisant cohabiter plusieurs générations et plusieurs géographies musicales. Du rap marocain de Dizzy Dros au metal brésilien de Sepultura, de la fusion de Bab L’Bluz aux expérimentations électroniques d’Omar EK et Aziz Konkrite, jusqu’aux sonorités congolaises, franco-syriennes et dub de la soirée de clôture.
Apocryphal Media
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