Youness Foudil16 février 20263 Mins read2 Views
L’Union européenne a dévoilé fin janvier une stratégie européenne inédite des visas, qui ouvre la voie à la créaL’Union européenne envisage d’introduire des visas Schengen à entrées multiples d’une validité pouvant atteindre dix ans pour certains voyageurs considérés comme fiables, dans le cadre d’une stratégie visant à moderniser et assouplir sa politique de visas. Cette orientation marque une évolution notable par rapport au cadre actuel, dans lequel la durée maximale d’un visa à entrées multiples est limitée à cinq ans, généralement accordée à des voyageurs réguliers, touristes ou hommes d’affaires ayant respecté les règles de séjour lors de leurs précédentes visites.
Cette réforme, qui doit encore être intégrée dans une future révision législative du Code des visas, poursuit un double objectif : faciliter la mobilité des voyageurs fréquents tout en renforçant l’attractivité de l’Europe face à d’autres grandes destinations mondiales, déjà engagées dans des politiques d’accueil plus souples pour attirer visiteurs et investisseurs.

Un visa « récompense » pour voyageurs de confiance
Le futur dispositif ne concernerait toutefois pas l’ensemble des demandeurs. Il serait réservé aux voyageurs présentant un historique de déplacements régulier et conforme, sans dépassement de durée de séjour ni infraction aux règles migratoires. Les autorités européennes s’appuieraient notamment sur les données disponibles dans les systèmes d’information communs afin d’évaluer le profil des demandeurs et leur niveau de fiabilité. Ce type de visa viserait surtout des profils liés aux échanges économiques, scientifiques ou académiques, tels que les hommes d’affaires, investisseurs ou chercheurs amenés à se rendre fréquemment en Europe.
Un porte-parole de la Commission européenne a expliqué que ce mécanisme pourrait « récompenser le comportement exemplaire des voyageurs fréquents tout en réduisant la charge administrative pesant sur les consulats et services des visas ». L’idée est également de désengorger les services consulaires, souvent sollicités par des demandeurs réguliers contraints de renouveler leur visa tous les deux ou trois ans malgré un historique sans incident.

Pourquoi ce changement maintenant ?
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. L’Europe fait face à une concurrence accrue de pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou le Canada, qui proposent déjà des visas de longue durée afin d’attirer touristes, étudiants et investisseurs. Par ailleurs, le secteur touristique demeure un pilier économique majeur pour l’Union européenne, représentant près de 10 % du PIB et des millions d’emplois, ce qui incite les autorités à faciliter les déplacements des visiteurs réguliers. La simplification administrative constitue aussi un enjeu important, car la répétition des demandes de visa pour des voyageurs connus des services consulaires engendre des coûts et des délais souvent jugés excessifs.
Malgré cette évolution, certaines règles fondamentales resteraient inchangées. Même muni d’un visa valable dix ans, un voyageur ne pourrait pas séjourner plus de 90 jours sur une période de 180 jours dans l’espace Schengen, conformément aux règles actuelles applicables aux courts séjours. De plus, l’octroi d’un visa continuerait de dépendre du respect des conditions classiques d’entrée, notamment la validité du passeport, la justification des moyens de subsistance, la possession d’une assurance voyage et l’absence de menace pour l’ordre public.
Pour plusieurs spécialistes de la mobilité internationale, cette réforme permettrait à l’Europe de se rapprocher des standards pratiqués ailleurs. Selon eux, « offrir des visas de plus longue durée — et potentiellement valables jusqu’à dix ans — renforcerait l’attractivité de l’Europe tout en s’alignant sur les pratiques observées dans d’autres régions du monde ». Un expert en politiques migratoires estime pour sa part que cette mesure pourrait « réduire sensiblement les formalités pour les voyageurs d’affaires et contribuer à renforcer durablement les échanges économiques avec l’Europe ».
Si elle est adoptée, cette réforme marquerait une étape importante dans la modernisation de la politique européenne des visas, en cherchant à concilier facilitation des déplacements et maintien des exigences de sécurité aux frontières.
Apocryphal Media
Leave a comment